Le Comptoir des Tuileries répond à vos questions.

Durant les derniers jours de la crise, vous avez été nombreux à noter que le marché physique s’est découplé du marché de l’or papier. Et, à vous étonner du niveau actuel des primes. Voici les réponses aux questions que vous nous avez posées.

Concrètement à quoi correspond la prime, également appelée « spread », attachés aux métaux précieux

Comptoir des Tuileries : C’est la différence entre les prix de vente et de rachat.
Fondamentalement, la profondeur de cet écart dépend de deux facteurs : le type et le poids du métal précieux.

Pour les produits aurifères, les écarts entre l’achat et la vente sont généralement plus faibles que pour l’argent, le platine et le palladium en raison du régime de TVA du métal jaune.

Le montant des primes est également corrélé au poids d’or vendu. Ce pourcentage est moins élevé avec les lingots de 1kg que pour les « lingotins ». Ainsi, alors que la prime d’un lingot de 1kg se situe autour de 2% dans des conditions de marché normales, elle peut atteindre 20% pour un lingotin de 5 gr.

Pourquoi le niveau des primes est-il si élevé en ce moment ?

CDT : Parce que le fonctionnement le marché n’obéit pas à des conditions normales. Cela est dû à plusieurs facteurs. La première tient à la rareté des pièces et des lingots disponibles : en raison de la crise sanitaire, les grands raffineurs helvétiques (Argor, Heraeus, etc.) qui fondent environ 70% de la production des mines d’or ont réduit ou stoppé leur activité. Cela renchérit le prix des rares pièces disponibles.

Est-ce le seul facteur expliquant la hausse des primes ?

CDT : Non. Par ailleurs, les coûts de refinancement des prêts sur métaux précieux se sont envolés et les taux de fret sur les vols internationaux qui permettent d’acheminer la marchandise sont de 10 à 40 fois plus élevés qu’en temps normal. Cela a un impact inflationniste sur les primes. Enfin, certains producteurs ont augmenté leurs prix parce
que leurs coûts d’approvisionnement flambent.

Les primes vont-elles baisser à l’avenir ?

CDT : oui, une fois la crise sanitaire passée, les primes vont retrouver un niveau normal. Elles pourraient même commencer à baisser dès les premiers signes d’amélioration.